Harrison Ford était-il lassé du rôle de Han Solo dans Star Wars ?

Personne ne s’attendait à ce que Han Solo survive aussi longtemps, ni à ce que Harrison Ford affiche une fidélité discrète à ce rôle devenu culte. Ford n’a jamais caché son détachement, ni son agacement poli face à l’interminable valse des interviews sur Star Wars. Pourtant, Han Solo ne l’a jamais quitté, et il ne s’en est jamais vraiment débarrassé non plus.

Le simple fait qu’Harrison Ford ait accepté de revenir dans The Rise of Skywalker balaie l’idée d’une rupture définitive entre lui et le personnage. Si vous n’avez pas encore vu ce film, il vaut mieux s’attendre à quelques révélations.

Comment Harrison Ford a-t-il décroché le rôle de Han Solo ?

Certains l’ignorent, mais la première apparition d’Harrison Ford au cinéma ne remonte pas à Star Wars. Direction 1966 : il décroche un minuscule rôle de groom dans « Dead Heat on a Merry Go Round ». Anecdotique, si ce n’est que c’est le point de départ d’une carrière qui n’a plus quitté les écrans depuis.

Avant de piloter le Faucon Millenium, Ford s’était déjà glissé dans l’univers de George Lucas via « American Graffiti » en 1973. Un film hommage à une Amérique obsédée de bagnoles et de vitesse, où il campe Bob Falfa, rival arrogant prêt à tout pour gagner sa course.

Le succès surprise de ce film donne à Lucas la liberté d’imaginer cette épopée spatiale qui deviendra Star Wars. Pourtant, Ford n’est pas automatiquement propulsé dans la saga. Le tournage de Star Wars s’est joué sur un concours de circonstances inattendu. D’après « How Star Wars Conquered the Universe », c’est le directeur de casting Fred Roos qui, conscient du talent de Ford… et de ses compétences de menuisier, l’embauche pour installer une porte sur le plateau.

« Harrison avait fait pas mal de menuiserie pour moi. Il avait besoin d’argent, il avait des enfants, il n’était pas encore célèbre. Ce jour-là, George Lucas était présent. Tout s’est aligné », confie Roos.

Ford voulait une fin radicale pour Han Solo dans « Le Retour du Jedi »

Début des années 80, Lucas prépare le troisième volet. Han Solo s’est déjà sacrifié une fois, gelé dans la carbonite à la fin de « L’Empire contre-attaque ». Pour Ford, le personnage a fait le tour de ce qu’il avait à raconter. Il estime alors que Han devrait disparaître dans l’ultime épisode.

« Le personnage était somme toute assez simple. J’aurais aimé qu’il traverse des épreuves plus profondes ; la seule qui manquait, c’était de mourir dans le dernier. Cela aurait donné une autre dimension à l’histoire, mais je n’ai pas pu en convaincre George », expliquait Ford à Starpulse.

Le scénario a laissé filtrer cette idée à travers une réplique de Han, persuadé qu’il ne reverrait pas le Faucon Millenium. Mais l’idée s’arrête là. Puis, en 2015, le public a la surprise de voir Han Solo mourir réellement, poignardé par son propre fils dans « Le Réveil de la Force ». Beaucoup pensaient alors avoir vu la dernière image du célèbre contrebandier. Mais ce n’était pas la fin, ni même le détour par « Solo : A Star Wars Story ».

Pourquoi Harrison Ford n’a-t-il jamais détesté Han Solo ?

Sur Reddit, un fan avance une interprétation inattendue : si Ford tenait tant à offrir une mort digne à Han Solo, c’est parce qu’il se souciait réellement du personnage. Selon lui :

« Il ne voulait pas que Han termine sur une note fade. Ford a insisté auprès de George Lucas pour que son personnage meure héroïquement dans Le Retour du Jedi. Il voulait montrer l’évolution de Han, de l’égoïste à l’ami prêt à tout sacrifier pour les siens. Ce n’est pas le signe d’un acteur lassé ou détaché, c’est exactement l’inverse. »

Finalement, Ford a obtenu la trajectoire qu’il espérait. Et même après la mort de Han dans « Le Réveil de la Force », la saga réserve une dernière surprise : une apparition furtive dans « The Rise of Skywalker », où Han Solo offre à son fils une forme de pardon dans une vision.

On imagine difficilement Ford revenir pour une ultime prise s’il nourrissait une véritable aversion pour le rôle. J.J. Abrams, réalisateur du film, le confirme dans Vanity Fair : « Je l’ai appelé pour lui proposer une scène entre Kylo Ren et son père. Il a simplement répondu : ‘Okay.’ »

Han Solo n’est donc pas devenu un fardeau pour son interprète. Il est resté ce compagnon de route singulier, auquel Ford a donné une forme de fidélité, parfois distante, mais jamais dédaigneuse. Après toutes ces années, Han Solo continue de surgir là où on ne l’attend plus, rappelant qu’aucun personnage n’appartient vraiment à son créateur, ni à son acteur.